La maternité des femmes congolaises

 Les femmes africaines n’ont pas seulement besoin d’avoir accès à des établissements de santé bien équipés ; il leur faut aussi l’aide d’un personnel qualifié qui puisse reconnaître et traiter les complications éventuelles.

La maternité en RD Congo, est le plus important centre de santé maternelle de l’Est et du Centre de l’Afrique. cette maternité aide environ 27 000 femmes à accoucher chaque année. La plupart sont pauvres et ont entre 14 et 18 ans.

Cette maternité publique a du mal à offrir les services les plus élémentaires car elle n’a ni les ressources, ni le matériel ni le personnel nécessaires.

La maternité Pumwika offre un bon exemple de l’état du système de santé en Afrique. Selon l’Organisation mondiale de la santé (OMS), le coût élevé des services et le manque de personnel qualifié et de fournitures se traduisent pour les mères d’Afrique centrale par l’absence de tout professionnel de la santé dans 60 % des accouchements.

Des morts évitables

Dans toute la RDC, prévenir des décès en couches est un énorme défi. Alors qu’une Suédoise enceinte court seulement 1 chance sur 30 000 de mourir en couches, le risque en Sierra Leone atteint 1 sur 7. En 2002, l’OMS a averti que si rien n’était fait pour améliorer l’accès à la santé maternelle en Afrique, 2,5 millions de femmes mourraient d’ici la fin de la décennie et 49 millions survivraient handicapées.

Une femme enceinte obtient médicaments et conseils dans un dispensaire rural de la République Démocratique du Congo : Nous tentons de convaincre le gouvernement pour qu’on alloue une partie du budget à la gratuité de la santé.

Le Dr. Grace Kandolo, qui a dirigé le service de maternité de l’hôpital principal de Kwilu, est du même avis. “Nous avons en RDC une pénurie de personnel qualifié, dit-elle. Dans la plus grande partie du continent, nous avons 1 docteur pour 60 à 80 000 personnes. Nous manquons de matériel et de médicaments, et les régions rurales ne sont pas suffisamment desservies. »

L’OMS estime qu’il serait possible d’éviter les trois quarts des décès et des handicaps liés aux accouchements si ceux-ci pouvaient avoir lieu dans des dispensaires bien équipés avec un personnel qualifié.

Toutes les femmes devraient se trouver à proximité d’un centre de santé pour pouvoir recevoir des conseils nutritionnels. Ces centres devraient aussi avoir du personnel formé à identifier les complications et soit à les traiter, soit à faire rapidement transférer la patiente vers un hôpital plus important. Il est nécessaire d’avoir des établissements offrant des services de chirurgie d’urgence et de transfusion sanguine. “Même s’il est trois heures du matin, en cas d’urgence obstétrique vous ne pouvez pas dire à la mère de revenir le lendemain. Si cette femme a besoin d’une césarienne mais ne l’a pas, c’est très simple: elle mourra.”

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